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Le blog Comparatifs & alternatives

Comparatifs & alternatives

Sillon vs PrestaShop : quitter une usine à gaz sans en trouver une autre

Nous avons fait migrer des boutiques de PrestaShop vers WordPress parce que PrestaShop était trop lourd. Quelques années plus tard, nous avons quitté WordPress. La première fuite n'avait pas réglé le problème, et c'est de là que vient ce comparatif.


La mascotte de Sillon devant un panneau de modules, sur fond magenta

Deux fuites, et la première n'a pas suffi

Autant commencer par l'aveu, parce qu'il vaut mieux que n'importe quel argument.

Des clients sont arrivés avec des boutiques PrestaShop devenues impossibles à faire évoluer. Trop de modules, trop de réglages, un back-office où ils ne trouvaient plus rien. Nous les avons fait passer sur WordPress, et sur le moment ça a marché : c'était plus simple, ils s'y retrouvaient, nous aussi.

Puis les mêmes symptômes sont revenus. La lenteur d'abord, parce qu'on avait remplacé une dizaine de modules PrestaShop par une dizaine d'extensions WordPress. La complexité ensuite, pour la même raison. Nous avions changé d'usine à gaz, pas quitté l'usine à gaz.

C'est cette deuxième fois qui a fait comprendre que le problème n'était ni PrestaShop ni WordPress. Le problème était de construire une boutique en assemblant des morceaux qui ne se connaissent pas.

Le cadrage : ce qu'on compare, et ce qu'on laisse de côté

PrestaShop est un logiciel de boutique en ligne libre et gratuit, installé sur votre hébergement, avec une place de marché de modules payants. Sillon est un moteur sous licence annuelle, installé de la même façon, dont les modules sont compris dans la licence.

On compare ici PrestaShop 8 et une licence Sillon, pour une boutique tenue par une agence ou un développeur. Faits relevés en septembre 2026.

Ce qu'on exclut, parce que ce n'est pas comparable : les très grosses boutiques à plusieurs dizaines de milliers de références, terrain où PrestaShop a des années d'avance et où nous n'avons rien à démontrer ; et tout ce qui touche au marketing, qui dépend de ce que vous en faites.

1. Ce qu'on installe, et ce qu'il faut payer ensuite

PrestaShop est gratuit, et il faut le dire franchement : on télécharge, on installe, on n'a rien payé. Beaucoup de boutiques vivent très bien comme ça.

Le modèle économique arrive après, par la place de marché. Un module payant s'achète, et le prix affiché couvre un an de support et de mises à jour. Passé cet an, le renouvellement s'appelle Business Care et se paie module par module. Une boutique qui utilise dix modules payants a donc dix petits abonnements, avec dix échéances et dix éditeurs différents.

Chez Sillon, la licence contient tout : plus de soixante modules, sans supplément ni palier. Il y a une échéance et un interlocuteur.

Aucun vainqueur, et c'est honnête. Une boutique simple qui n'a besoin d'aucun module payant coûte moins cher sur PrestaShop, définitivement. Une boutique qui en accumule dix bascule dans l'autre sens, et surtout elle ne sait plus dire ce qu'elle paie.

Source : le fonctionnement des modules payants et du renouvellement Business Care.

Le prix d'un logiciel gratuit se lit rarement au moment de l'installer. Il se lit trois ans plus tard, sur le relevé bancaire.

Une cage d'escalier en béton photographiée d'en bas, les volées repliées sur elles-mêmes, éclairées au néon magenta

2. Les montées de version

C'est le critère qui a le plus de conséquences, et il se vérifie sans nous croire sur parole. Cherchez « migration PrestaShop » : la première page de résultats est entièrement composée d'agences qui vendent la migration comme un produit, avec forfait et devis. Quand mettre à jour son logiciel devient un marché, la mise à jour est le problème.

La raison est structurelle. Le passage de la branche 1.6 à la 1.7 a changé assez de choses pour que les modules et le thème cessent d'être compatibles. Les guides des agences le disent dans leurs propres mots : ces montées se transforment parfois en refontes complètes. Et il faut vérifier, module par module, que chacun supporte la version exacte visée.

L'échéance n'est pas théorique. Le support de la branche 1.7 se termine courant 2026 : une boutique qui y reste garde un site qui fonctionne et dont les failles découvertes ensuite ne seront jamais corrigées.

Chez Sillon, les modules viennent de la même base et montent ensemble. La mise à jour est signée, vérifiée, avec retour arrière automatique. Ça ne rend pas l'opération sans risque, ça la rend prévisible.

Avantage : Sillon, et c'est le point le plus lourd du comparatif.

Sources : un guide de migration PrestaShop tenu par une agence et l'état des versions PrestaShop en 2026, consultés en septembre 2026.

3. La vitesse

Une boutique PrestaShop nue est rapide. Une boutique PrestaShop de production l'est beaucoup moins, et la cause est la même que partout ailleurs : chaque module charge sa feuille de style, son script et ses requêtes, sans savoir que le voisin vient d'en charger de semblables.

C'est exactement le symptôme qui est revenu après notre passage sur WordPress, et c'est ce qui a fini par nous convaincre. On peut optimiser longtemps un empilement ; on ne le rend pas léger.

Avantage : Sillon, pour une raison qui n'a rien d'un exploit technique. Des modules écrits pour la même base partagent leurs ressources au lieu de les additionner.

Le tableau de bord de l'administration Sillon

4. Le back-office que voit votre client

C'est le point que les développeurs sous-estiment et que les clients vivent tous les jours. Le back-office de PrestaShop est complet, et sa complétude est son défaut : un commerçant qui veut changer un prix traverse un logiciel conçu pour gérer des entrepôts, des transporteurs, des règles de panier et des états de commande dont il n'aura jamais l'usage.

Chaque module ajoute par-dessus ses propres écrans, à son propre endroit, dans son propre vocabulaire. Au bout de dix, plus personne ne sait où se trouve quoi.

L'administration de Sillon montre les modules activés et rien d'autre. Un client qui n'a pas d'abonnements ne voit jamais le mot abonnement.

Avantage : Sillon. Et c'est le seul critère de ce comparatif où la preuve est possible : la capture ci-contre est le tableau de bord réel, pas une vue d'artiste.

5. Ce que PrestaShop fait mieux, et ce n'est pas un lot de consolation

La profondeur métier. Multi-boutique, multi-devise, multi-entrepôt, gestion fine des déclinaisons et des stocks, transporteurs, règles de panier : PrestaShop a quinze ans d'avance sur ce terrain et couvre nativement des cas que nous ne couvrons pas.

L'écosystème français. C'est peut-être l'argument le plus solide, et il n'est pas technique. Il existe des milliers de développeurs PrestaShop en France, des agences dans chaque ville, des forums en français depuis quinze ans. Si votre prestataire disparaît, vous trouvez son remplaçant en une semaine. Avec Sillon, vous nous trouvez nous, et c'est un risque que vous devez peser.

Et la place de marché. Pour presque n'importe quel besoin exotique, quelqu'un a déjà écrit le module. Chez nous, un besoin qui n'est pas couvert se développe.

Avantage : PrestaShop, sur les trois.

Le récapitulatif

Critère PrestaShop Sillon Avantage
Coût d'entrée Gratuit Licence annuelle PrestaShop
Coût sur trois ans Modules payants, renouvelés un par un Tout compris dans la licence Aucun
Montées de version Modules et thème à revalider un par un Un seul calendrier, retour arrière Sillon
Vitesse en production Chaque module charge le sien Ressources partagées Sillon
Back-office client Complet, donc dense Ce qui est activé, et rien d'autre Sillon
Profondeur e-commerce Multi-boutique, entrepôts, transporteurs Le nécessaire, pas l'exhaustif PrestaShop
Trouver un développeur Des milliers en France Nous, et les agences partenaires PrestaShop
Besoin exotique Un module existe déjà À développer PrestaShop

Ne choisissez ni l'un ni l'autre si…

Vous vendez moins de vingt produits et vous n'avez besoin ni de stock ni de transporteurs Vous voulez ouvrir seul, sans développeur : une plateforme hébergée vous coûtera moins cher en temps Votre catalogue dépasse plusieurs dizaines de milliers de références avec plusieurs entrepôts Vous vendez surtout sur des places de marché et le site ne serait qu'une vitrine
Un établi d'atelier vide la nuit, les outils rangés sur un panneau perforé, éclairé d'un néon magenta

Ce que la deuxième fuite nous a appris

Quatre points pour Sillon, trois pour PrestaShop, une égalité. Le total ne décide de rien, et il désigne surtout deux lecteurs différents.

Si votre boutique a besoin de plusieurs entrepôts, d'une logistique fine ou d'un besoin rare déjà couvert par un module existant, PrestaShop reste le bon outil et nous n'avons rien à vous vendre. Si vous voulez pouvoir remplacer votre prestataire en une semaine, c'est également le bon choix, et c'est un argument que nous ne pouvons pas égaler.

Notre camp est l'autre : une boutique de taille normale, tenue par une agence, où le temps passé ne doit pas partir dans la couture entre des morceaux qui s'ignorent.

Et la leçon de nos deux fuites tient en une phrase. Changer d'outil ne sert à rien si le nouveau demande le même assemblage que l'ancien. Nous l'avons appris en le faisant, pas en le théorisant, et c'est pour ça que Sillon a la forme qu'il a.

Si vous êtes en train de vivre la première fuite, la page des tarifs dit ce que contient une licence. Elle est courte : il n'y a qu'un seul produit, et les trois offres contiennent la même chose.

Ce que vous venez de lire tourne sur Sillon, cette page comprise.

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