Vous voulez vendre en ligne. D'un côté une plateforme qui héberge tout, encaisse tout et ne vous demande aucune compétence technique. De l'autre un moteur que vous installez chez vous et qui ne prend rien sur vos ventes. Les deux sont des réponses sérieuses, et elles ne s'adressent pas au même projet.

Le cadrage : ce qu'on compare, et ce qu'on laisse de côté
Shopify est une plateforme hébergée : vous louez une boutique qui tourne sur leurs serveurs, avec leur tunnel de paiement, leurs mises à jour et leur infrastructure. Sillon est un moteur sous licence annuelle : vous l'installez sur votre hébergement, vous en faites ce que vous voulez, et personne ne voit passer vos commandes.
On compare ici Shopify Basic à Advanced et une licence Sillon, pour un projet marchand qui a un développeur ou une agence en face. Tarifs relevés le 31 août 2026, en euros, sur les pages publiques.
Ce qu'on exclut volontairement, parce que ce n'est pas comparable : le référencement et la performance, qui dépendent d'abord de ce que vous en faites ; les places de marché intégrées de Shopify, dont Sillon n'a pas d'équivalent et ne cherche pas à en avoir ; et Shopify Plus, un produit d'une autre catégorie dont on ne parlera que sur un point précis.
Sources : la page tarifs de Shopify, la page tarifs de Stripe et nos propres tarifs, consultées le 31 août 2026.
1. L'hébergement et l'exploitation
Shopify héberge, sauvegarde, met à jour, absorbe les pics du vendredi noir, maintient la conformité PCI et garantit une disponibilité que vous n'avez pas à surveiller. Ni serveur, ni certificat, ni version de PHP, ni sauvegarde à penser. Le jour où quelque chose casse chez eux, ce sont leurs ingénieurs qui se lèvent.
Un mot sur le vocabulaire, parce qu'il fausse la plupart des comparatifs qu'on lit ailleurs. Cet hébergement n'est pas offert, il est compris dans l'abonnement. Vous le payez tous les mois, il est simplement fondu dans un prix unique. C'est d'ailleurs pour ça que la comparaison de coût, plus bas, ajoute un hébergement du côté de Sillon : sans ça, elle comparerait un prix tout compris à un prix qui ne l'est pas.
Avec Sillon, tout ça est à vous. L'hébergement, les sauvegardes, le certificat, la surveillance. Les mises à jour sont signées, vérifiées et réversibles, ce qui retire la peur du bouton, mais c'est quand même vous qui appuyez dessus.
Avantage : Shopify, et largement. C'est le plus gros point de ce comparatif, il va au concurrent, et il n'y a rien à nuancer. Si personne dans votre entourage ne sait ce qu'est un serveur, la question est déjà tranchée.
2. Le tunnel de paiement
Commençons par écarter une idée reçue, y compris la nôtre. Les moyens de paiement ne distinguent pas les deux outils. Shopify branche Stripe, PayPal et les autres ; Sillon branche Stripe, PayPal, Mollie, le virement et le chèque. Une carte encaissée par Stripe est encaissée par Stripe, quel que soit le site qui l'a demandée. Prétendre qu'un encaissement est meilleur chez l'un que chez l'autre serait une phrase creuse.
Ce que Shopify a et que Sillon ne peut structurellement pas avoir, c'est Shop Pay : un acheteur qui a déjà commandé sur n'importe quelle boutique Shopify retrouve ses coordonnées enregistrées sur la vôtre et paie en un geste. Shopify annonce, sur la foi d'une étude externe de 2023 qu'il a commandée et qu'il publie lui-même, jusqu'à 50 % de conversion en plus par rapport à un paiement invité. Ce sont leurs chiffres, pas les nôtres, et nous n'avons aucun moyen de les vérifier. L'effet de réseau, lui, est réel et ne s'achète pas : il vient du nombre de boutiques.
En face, une limite tout aussi réelle. D'après leur page tarifs, la personnalisation complète du tunnel est réservée à l'offre Plus, à partir de 2 100 € par mois. En dessous, vous prenez le tunnel tel qu'il est. Pour une boutique grand public c'est très bien, et même préférable. Pour une vente professionnelle qui a besoin d'un devis, d'un bon de commande, d'un prix négocié par client ou d'une validation avant paiement, c'est un mur.
Aucun vainqueur, parce que le critère se coupe en deux. Pour vendre au grand public, l'effet de réseau de Shop Pay est un avantage que rien ne compense chez nous. Pour vendre à des professionnels, un tunnel qu'on ne peut pas modifier disqualifie l'outil quel que soit son taux de conversion.
Sources : la page tarifs de Shopify et la page Shop Pay de Shopify, relevées le 31 août 2026.
Un tunnel de commande qu'on ne peut pas modifier est un excellent tunnel, jusqu'au jour où votre métier a besoin qu'il soit modifié.

3. Ce que ça coûte vraiment, et ce qui ne compte pas
Commençons par le piège, parce qu'il change complètement le calcul. Shopify Basic facture la carte 1,5 % + 0,25 €. Stripe, en zone euro et sur une carte standard, facture 1,5 % + 0,25 €. Exactement le même taux. Les frais bancaires ne départagent donc personne, et quiconque les met dans la colonne Shopify vous raconte une histoire.
Ce qui diffère, c'est l'abonnement. Shopify Basic, en paiement annuel, revient à 27 € par mois, soit 324 € par an. Grow monte à 79 € par mois, Advanced à 289 €. Une licence Sillon pour un site coûte 89 € par an, à quoi il faut ajouter un hébergement, entre quelques dizaines et quelques centaines d'euros selon ce que vous prenez.
Sur une boutique modeste, l'écart annuel se compte en centaines d'euros. Sur cinq sites d'agence, la licence Sillon tombe à 75 € par site quand cinq abonnements Shopify Basic coûtent 1 620 € par an. L'écart devient structurel.
Avantage : Sillon, nettement, et d'autant plus que le nombre de sites augmente.
Sources : la page tarifs de Shopify et la page tarifs de Stripe, relevés le 31 août 2026.
4. La commission sur vos ventes
Voilà le point que les comparatifs oublient, et il est lourd. Si vous n'utilisez pas Shopify Payments et que vous branchez votre propre prestataire, Shopify prélève une commission supplémentaire de 2 % sur l'offre Basic. Elle tombe à 1 % sur Grow, 0,6 % sur Advanced, 0,2 % sur Plus.
Deux pour cent, sur une boutique qui fait 100 000 € de chiffre d'affaires, font 2 000 € par an. Uniquement pour avoir choisi son prestataire de paiement.
La clause est écrite noir sur blanc sur leur page tarifs, personne ne la cache. Elle fonctionne quand même comme un levier : plus vous vendez, plus il devient coûteux de ne pas passer par leur système, donc plus il devient coûteux de partir.
Sillon ne prélève rien. Vous payez votre prestataire de paiement, point. Le moteur ne voit jamais passer une commande.
Avantage : Sillon, et c'est le point le plus tranché du comparatif.
Source : la page tarifs de Shopify, relevé le 31 août 2026.
5. La liberté de la façade
Shopify a ses thèmes et son langage de gabarit. On y fait beaucoup de choses, et la plupart des boutiques n'ont jamais besoin d'en sortir. Mais vous restez dans un cadre qui n'est pas le vôtre, et certaines choses ne se contournent pas.
Sillon ne dessine rien. Le moteur rend la donnée, la façade décide de ce qu'elle en montre, et cette façade est du HTML et du CSS que vous écrivez. Il n'y a pas de langage à apprendre, pas de limite à contourner, et pas de moment où l'outil vous dit non.
La contrepartie est réelle : quelqu'un doit l'écrire, cette façade. Sur Shopify vous achetez un thème et vous êtes en ligne le soir même.
Avantage : Sillon, pour qui a un développeur. Sans développeur, cette liberté ne sert à rien et le point s'inverse.

6. Ce qui vous appartient
Avec Shopify, vos fichiers et votre base vivent chez eux. Vous pouvez exporter vos produits et vos clients, ce qui est déjà beaucoup et mérite d'être dit. Mais votre boutique en tant que telle, son thème, ses réglages, ses années d'accumulation, ne se déménagent pas : elles se refont ailleurs.
Avec Sillon, les fichiers et la base sont sur votre hébergement, à votre nom. Vous pouvez en faire une copie ce soir et la garder.
Il y a même une porte de sortie prévue, et c'est un geste que Shopify ne peut pas offrir : un super-administrateur peut désinstaller Sillon. Le retrait enlève le code du kit et rien d'autre. Pas une table, pas une ligne, pas un média.
Ce qui reste après le retrait est précis : votre thème et vos feuilles de style, vos images, vos fichiers de configuration, la base de données entière, et un export JSON de tous vos contenus. Rien n'est supprimé, pas une table, pas une ligne, pas un média.
Autant dire tout de suite ce que ça coûte, parce qu'une porte de sortie qu'on présente comme gratuite n'en est pas une. Le retrait emporte aussi le moteur, et avec lui le fichier qui répond aux visiteurs. Le site cesse donc de s'afficher, y compris ses pages de texte : vos gabarits appellent des fonctions qui n'existent plus. Vous récupérez une matière première complète, pas un site qui tourne, et il faut un développeur pour rebâtir une façade dessus.
C'est quand même une autre situation qu'un export de plateforme, qui vous rend vos produits et vos clients, mais ni votre thème, ni vos pages, ni votre design.
En échange, le geste est réversible sans condition. Réinstaller Sillon par-dessus et réactiver la licence rend le site intact : pages, produits, commandes et comptes compris. Un client éteint six mois retrouve exactement ce qu'il avait laissé.
Avantage : Sillon. Avec une nuance qu'il faut poser honnêtement : posséder ses fichiers ne sert que si quelqu'un sait quoi en faire. Une sauvegarde qu'on ne sait pas remonter est un objet de collection.
7. Ce qui se passe si vous arrêtez de payer
Sur ce point, nous n'allons pas prétendre valoir mieux, parce que nous avons choisi exactement le même modèle. Chez Shopify, l'abonnement s'arrête et la boutique ferme. Chez Sillon, la licence n'est pas renouvelée et le site s'éteint : le visiteur tombe sur une page d'attente, pas sur votre accueil. Nous avons tranché ça en juillet 2026 en sachant très bien à qui nous l'empruntions.
Trois différences concrètes, quand même, et aucune n'est cosmétique.
Il y a trente jours de grâce. La licence expire, le site continue de tourner un mois. Un prélèvement qui échoue un vendredi soir ne ferme pas la boutique le samedi matin.
Rien n'est supprimé. Les fichiers et la base restent sur votre hébergement, à votre nom, intacts. Ce n'est pas une promesse commerciale mais une mécanique : ils n'ont jamais été ailleurs que chez vous.
Reprendre la licence rallume le site tel qu'il était. Pas une restauration, pas un import : le moteur retrouve exactement ce qu'il avait laissé. Chez Shopify, ce qui reste après la fermeture est un export à remonter ailleurs.
Aucun vainqueur sur le principe, parce que le principe est identique et que nous le leur avons emprunté. Une vraie différence sur les conséquences.
8. La compétence qu'il faut avoir
Shopify est conçu pour que le commerçant se débrouille seul. Il crée son compte, choisit un thème, ajoute ses produits, branche son moyen de paiement, et il vend. C'est un exploit d'ingénierie produit, et il faut le reconnaître.
Sillon suppose quelqu'un en face. Il faut un hébergement, une installation, une façade. Le client final administre ensuite sa boutique sans difficulté, mais il ne la crée pas tout seul.
Ce que ça demande a quand même changé, et il faut le dire. Les layouts livrés avec Sillon sont faits pour être repris plutôt que pour être admirés : ils couvrent tous les modules, ils se branchent, et le travail restant consiste à les habiller. Avec ça et une IA qui écrit du CSS, quelqu'un de bricoleur s'en sort aujourd'hui là où il aurait renoncé il y a deux ans.
Avantage : Shopify quand même. Bricoleur et motivé reste une condition ; sur Shopify, il n'y en a aucune.
Le récapitulatif
| Critère | Shopify | Sillon | Avantage |
|---|---|---|---|
| Hébergement et exploitation | Compris dans l'abonnement | À votre charge, en plus | Shopify |
| Tunnel de paiement | Shop Pay, mais verrouillé sous Plus | Modifiable, sans effet de réseau | Aucun |
| Abonnement annuel | 324 € (Basic) à 3 468 € (Advanced) | 89 € par site, dégressif | Sillon |
| Frais de carte | 1,5 % + 0,25 € (Basic) | 1,5 % + 0,25 € (Stripe, zone euro) | Égalité |
| Commission si autre prestataire | 2 % sur Basic, 0,6 % sur Advanced | Aucune | Sillon |
| Liberté de la façade | Thèmes et langage maison | HTML et CSS libres | Sillon |
| Propriété des fichiers | Export possible, boutique non | Tout chez vous | Sillon |
| Si vous arrêtez de payer | La boutique ferme | 30 j de grâce, puis extinction, rien de perdu | Aucun |
| Compétence nécessaire | Aucune | Un développeur | Shopify |
Ne choisissez ni Shopify ni Sillon si…
Vous vendez trois produits sur un marché local et une page de contact suffirait Votre projet est une place de marché avec plusieurs vendeurs indépendants et leurs propres encaissements Vous vendez presque exclusivement sur Instagram ou Amazon et le site ne serait qu'une vitrine Votre besoin est une application métier avec des règles de gestion lourdes, où la boutique est accessoireLa conclusion, et pourquoi le score ne la donne pas
Quatre points pour Sillon, deux pour Shopify, une égalité et deux critères sans vainqueur. Surtout ne choisissez pas Sillon parce qu'il mène de deux points dans notre propre comparatif. Regardez lesquels, et regardez leur poids.
Les deux points de Shopify sont l'hébergement et la compétence nécessaire. Ils sont moins nombreux et bien plus lourds que les nôtres, parce qu'ils désignent le même lecteur : celui qui veut vendre sans avoir à comprendre comment un site fonctionne. Pour lui, Shopify n'est pas un compromis acceptable, c'est le bon outil, et aucun de nos quatre points ne compense. Un comparatif qui conclurait l'inverse se disqualifierait tout seul.
Les points de Sillon sont le coût, l'absence de commission, la liberté de la façade et la propriété. Ils désignent aussi un lecteur précis : celui qui a un développeur, ou qui l'est. Pour une agence avec dix boutiques clientes, l'écart n'est plus une question de préférence, c'est une question d'arithmétique.
Et il y a un cas où le choix se fait tout seul, indépendamment du reste : si votre métier a besoin d'un tunnel de commande particulier, des devis, des prix négociés par client, une validation avant paiement, alors Shopify vous demande 2 100 € par mois pour y toucher. C'est ce cas-là, plus que le prix, qui fait basculer les projets vers nous.
Si vous vous êtes reconnu dans la colonne de droite, la page des tarifs dit ce que contient une licence. Elle est courte : il n'y a qu'un seul produit, et les trois offres contiennent exactement la même chose.